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LA BEAUTÉ DE L’INTÉRIEUR

Sur l’architecture d'intérieur et l’art du maquillage

Photo: SuzanaVisan STUDIO interior .
Consultance en architecture d'intérieur: arch. Ramona BOBERIS MARINESCU
Photographe: George IONITA


R.B.M. Bienvenue, pour commencer.

S.V. Merci et je te remercie de m’avoir invité à ce « dialogue ».

R.B.M. Chère Suzana, le domaine fascinant dans lequel tu travailles a acquis une vraie ampleur les vingt dernières années. Dès le 3e millenium avant Christ, les égyptiens utilisaient le maquillage. On dit Égypte, on dit Cléopâtre, et si l’on parle du maquillage, le personnage est tout à fait éloquent. Bien sûr, au-delà de l’aspect, il faisait partie des rituelles et on croyait que son symbolique en avait des pouvoirs de guérison.

S.V. C’est vrai, les gens utilisaient des maquillages rituels et, avec le temps, le
maquillage a acquis une fonction purement esthétique. Mais je considère qu’il peut être vu tout de même un rituel, une sorte de thérapie. C’est pourquoi la plupart de mes clientes se relaxent et considèrent la séance de maquillage comme un rituel de caresse car, outre la partie extérieure purement esthétique, l’âme est aussi « caressé » à travers la magie du maquillage.


R.B.M. L’art théâtral et cinématographique a joué un rôle très important dans l’évolution du maquillage de nos jours. En fait, l’art cinématographique a été le tremplin de lancement pour beaucoup d’autres arts, en les faisant connus.
Quelles ont été les domaines de la manifestation artistique qui se sont entrelacés ensemble? Le maquillage, la coiffure, la mode, le théâtre, la scénographie...?

S.V.  D’une certaine manière, les femmes deviennent vedettes, par rapport à elles-mêmes mais aussi au sein des cercles sociaux. (elle sourit)
Comme maquilleuse, je me suis orientée, en l’espèce, plus vers « la femme » qui ne se trouve pas forcement sur la scène. Mais je sais ce que l’entrelacement de ces arts signifie dans une émission télévisée, dans le contexte d’une prise de télévision et j’ai des collaborations à cet égard.
Dans le concept d’un maquillage, premièrement il s’agit de la physionomie, des traits du modelé, parce qu’on travaille avec « le matériau » du client. Ensuite, la coiffure complète le maquillage, les accessoires, les vêtements et enfin mais surtout la personnalité de la personne. Chaque détail compte pour un ensemble harmonieux.
C’est comme dans l’architecture, non? L’espace réclame ses droits : même si quelqu’un vient et veut imiter une image d’une revue, en fait on seulement réduit son potentiel d’exploration si
l’on essaie de copier.
Dans mon atelier de maquillage comme aussi dans votre bureau d’architecture, je pense, c’est la même chose, il y a de gens qui viennent avec certaines photos et nous demandent d’imiter.
Cependant, nous créons en respectant le modèle.

R.B.M. Naturellement. Je suis contente que tu as ciblé ça. En dépit de ce qu’on entend à première vue sur les artistes, au-delà de l‘acte artistique manifesté se trouve beaucoup d’étude, effort, discipline, technique, attention et beaucoup d’autres choses.
Et il y a aussi une tendance de nous orienter seulement vers l’excentricité. Seulement pour être diffèrent. Ce n’est pas l’essence de l’architecture de qualité, quelle qu’en soit notre appréciation pour l’originalité ou l’innovation. Créatif, d’accord, mais comment peut-on maintenir la création, comment l’utiliser dans l’espace? On ne va pas faire un « selfie »
avec ces intérieurs, on y vit, on les utilise.

S.V.Dans le maquillage je traduisais ce que tu as dit par la rupture entre une attitude inadéquate, peu commune, maquillage et évènement.
Certainement, le résultat inclut beaucoup d’étapes dans lesquelles l’artiste seul peut établir la manière dans laquelle elle va ressembler et la cliente peut être un peu désorientée le long de la séance. Mais elle doit comprendre que ces étapes font partie de la mise en forme de l’image de final et même si elle ne peut pas visualiser le résultat, elle doit en avoir confiance.

R.B.M. Je dois avouer que beaucoup de fois, dans les explications que je donne à mes bénéficiaires, aux clients des services d’architecture, je leur parle de ce domaine du maquillage et de la mode. Ce que tu as dit plus tôt reste valable même si on remplace maquillage avec projet d’architecture.

S.V. Certainement il y a beaucoup de similarités. Moi aussi, pendant les cours de maquillage, je fais des comparaisons avec l’architecture d’intérieur. Choisir les nuances selon l’iris, tel comme on peut choisir les couleurs des textures pour l’intérieur. Dans les deux domaines les produits et les outils utilisés sont importantes en ce qui concerne les résultats visuels. Si dans l’architecture au résultat final participe la qualité des finissages et le meuble choisi, par exemple, dans le maquillage les produits sont aussi importantes, pas seulement l’exécution, disons. On s’attend à certains résultats selon les choix qui participent au projet, non?!

R.B.M. Exactement. Par exemple, lorsqu’un projet d’architecture d’intérieur entre dans la phase s’exécution, c’est difficile pour les gens de visualiser le résultat réel. Les étapes sont un peu plus longues que pour le maquillage :) et la gestion de la patience n’est pas facile pour la plupart des gens. On a besoin de confiance, comme tu disais.
Pour les évènements, quelle est l’approche, en bref? L’évènement pourrait correspondre d’une façon ou d’une autre, à la destination de l’espace, a la fonction de l’architecture.

S.V. La communication avec « le bénéficiaire » et sur les détails concernant l’évènement est essentielle. Le maquillage doit être adapté au contexte aussi, à l’éclairage de l’espace (l’éclairage artificiel ou naturel, maquillage de jour, maquillage de soirée avec l’éclairage spécifique aux clubs ou restaurants), l’exposition (photo/vidéo). C’est important pour une jeune mariée qui sera au centre de l’attention pour 24 heures et qui sera exposée photo/vidéo, mais c’est valable quand même pour des évènements plus ou moins sophistiqués, comme, par exemple, un dîner avec des amis. La cliente peut avoir une idée ou un désir. Comme spécialiste, je peux proposer quelques variantes de maquillage proches de l’idée de base, mais qui la mettent en valeur et qui soient en son faveur.
Dans l’architecture, quelles étapes seraient-elles dans le processus de création artistique?

R.B.M. La base de l’architecture d’intérieur est plus technique, plus comme celle d’un ingénieur. C’est pourquoi la recommandation est « de ne pas l’essayer tout seul, chez soi! ».
On ne peut pas dépasser cette étape car les disjonctions ne peuvent pas être couvertes par maquillage, soit-il architectural. :)) Alors, oui, on trouve le même mécanisme de création de l’image finale, unitaire, cohérente, harmonieuse, et qui, comme dans le maquillage, représente l’utilisateur mais qui respecte l’espace, « la face de la création » " :)).

S.V. (elle rit) Oui. L’espace est le matériau du client dans l’architecture d’intérieur...Juste.
C’est une action de création-exécution, chaque fois. J’ai cette conversation préalable, plus privée, avec la cliente, exactement comme avec une amie, pour que je puisse me connecter à son désir et à sa personnalité et que le résultat soit merveilleux d’une part et de l’autre.

R.B.M. Voila, par exemple, maintenant, pendant que je t’écoutais, je vois cet aspect aussi comme point commun.
On pénètre l’intimité du client, comme tu dis. En fait, cette intimité n’est pas du tout une indiscrétion, elle aide à obtenir un meilleur résultat.
Une personne désordonnée peut être soutenue à vivre plus facilement par la découverte des solutions pratiques pour que certaines dotations avec meubles soient anti-dérange :) Ne ris pas! 

S.V. Je ris, en réalité j suis fascinée parce que je découvre de plus en plus d’analogies.

R.B.M. Oui. Un espace très bien organisé peut être utilisé de manière que les vêtements, les livres trouvent leur place avec facilité. Aussi, lorsqu’une personne n’a pas de la patience ou peut avoir une vie très active et ne peut pas maintenir son logement « prêt à recevoir des invites à toute heure » on trouve des solutions maaaaagiques. Mais oui, tu crois que tu es la seule qui fait des merveilles de ta baguette et transformes toute femme et fille en fées? :) Je plaisante, chère Suzana. Mais, OUI, il y a des trucs qui peuvent faire notre vie plus facile
et beaucoup plus belle. Naturellement, il est nécessaire de permettre à l’architecte de nous
connaitre tel comme nous sommes pour que son intervention soit utile pour nous.

S.V.  La plupart des occasions je crée des amitiés avec les clientes, inévitablement. Et quoi pourrait être plus beau que d’aider les gens à révéler leur vrai potentiel?
Pendant les cours d’auto-maquillage, je parie aussi sur des petits trucs, mais avec grands effets. On trouve des solutions pour les femmes occupées et qui n’ont pas du temps pour se maquiller, qui avec la technique et les produits adéquates ce n’est plus un marathon au stop dans le miroir rétroviseur, mais plutôt une gâterie.  Ou la manière dans laquelle on peut transformer un maquillage de jour dans un maquillage de soirée si on doit aller directement à un évènement après le travail.

R.B.M. La comparaison. Il y a quelque chose que je vois et que je voudrais aussi. Comme tu as dit de la cliente qui vient avec des photos et dit « je veux comme ça, pareil ».
Une femme peut voir un visage attractif, qui génère dans son intérieur une émotion qui valide la beauté. Elle peut imaginer que le même type de maquillage pourrait attirer le même
état de bien-être, de joie pour elle aussi. Mais le maquillage est très personnalisé. Voyons de proche les réactions des femmes, de tes clientes. On parle de défiance de soi-même
et la manque du courage d’avoir confiance en  maquilleur. Quel genre de situations rencontres-tu?

S.V. Pour éviter la défiance ou la peur, je suis celle qui demande la plupart des fois des photos comme modèle, mais seulement pour former une idée sur ce que ma cliente désire. Ensuite, je présente ma vision. Le maquillage professionnel change, et certaines personnes manifestent résistance au changement, donc on doit savoir intuitivement à l’avance quel est le degré de confort que la cliente accepte dans le cas d’une transformation d’aspect, par exemple. Le plus intense le maquillage, le plus il change les traits de la personne; s’il est plus naturel, le changement peut être majeure, mais pas frappant.

R.B.M. Dans le domaine de l’architecture les choses se passent d’une manière très similaire. La personne sait intuitivement quelque fois, elle ressent que l’espace ne lui correspond pas. Alors elle se reporte à ce qu’elle a aimé quelque part, à quelqu’un, dans ses voyages, dans un film. Ce phénomène « Google », dit d’inspiration, il est apparu. L’inspiration fait le créateur, mais s’ « inspirer » de quelque chose déjà faite, signifie, pour la plupart des gens, de copier. Et la punition pour cela est...oui...l’échec. Malheureusement, ce qui parait bon marché coute cher. En considérant quelque chose comme acquis, on rate l’analyse correcte des demandes d’un espace associées à ses besoins, à ceux de l’utilisateur de cet intérieur.
Naturellement, créer le même type d’ambiant est une chose mais essayer d’implémenter dans un espace diffèrent des éléments qui imitent ce qu’on a vu ailleurs ne peut pas conduire au succès. Ou j’ai trouvé des gens qui auraient désiré un nouveau canapé mais qui ne savaient pas quoi faire avec l’ancien canapé et renonçaient au changement. Et il y a beaucoup d’exemples.

S.V. Dommage! Malheureusement, il y a cette tendance de se concentrer sur le résultat sans comprendre les pas antérieurs. On se croit fort en tout. Et dans toute profession, il y a encore  beaucoup de choses à apprendre à tout moment. 

R.B.M.  Il est nécessaire que nous acceptions: nous ne savons pas tout dans ce monde.
L’homme moderne ne connait pas bien l’habitation. Il croit qu’il le sait. Personne ne l’a appris, ou il y a beaucoup de paramètres qui interviennent et qui continuent de changer. En dépit de tout ça, bien qu’on ne s’en rende compte, l’habitation nous affecte dans tous les autres aspects de la vie. Et, malheureusement, il existe la préconception que les services d’architecture seraient un caprice ou un luxe. Hors de question. C’est accessible à tout besoin et c’est une nécessité. Lorsqu’une famille change le nombre de ses membres, soit par la naissance d’un enfant ou par la partie d’un autre aux études dans une autre localité, le scenario d’utilisation du logement est modifié. Et il serait utile pour les gens de savoir qu’un architecte trouve des solutions pour la reconfiguration de la manière d’utiliser le même intérieur, mais qui est utilisé de manière différente. Repenser un espace est un peu plus compliqué que lorsqu’on doit seulement changer le nombre de la taille des pantalons parce que le corps a changé. Lorsque certains évènements changent notre vie, cela se reflète automatiquement dans l’habitation. Par exemple, la naissance d’un deuxième enfant au sein d’une famille ne doit pas affecter le premier enfant. Et je ne me réfère pas du point de vue émotionnel mais pragmatique. Chaque personne a besoin d’un espace le sien, qui, si on l’altère, il a des conséquences sociales et psychologiques. L’architecture d’intérieur devient, regardée de cette manière, très personnelle, comme le maquillage.

S.V. Bien sûr, ton approche est très bonne .Tout doit être bien pensé et adapté, comme dans l’architecture, où pas tous les éléments correspondent à tout espace, pas tout maquillage correspond à toute personne. À l’aide du maquillage on peut modeler les traits, même si la direction du maquillage n’est pas celle adéquate, la plupart du temps j’interviens afin d’arriver à un dénominateur commun en adaptant une variante adéquate. On voit le maquillage aussi comme quelque chose de superficiel, mais c’est un code cohérent avec la personne, avec son attitude, avec l’environnement où elle habite, où elle travaille, avec son entourage. 

R.B.M. Qu’est-ce que tu peux dire de cette perspective humaine, psychologique d’où tu regardes le métier que tu pratiques?

S.V. Être un peu psychologue, c’est l’avantage de toute personne qui travaille avec les gens.Comme connaissance de soi, les personnes qui participent aux cours d’auto-maquillage bénéficient d’un changement de l’intérieur même si, au début, quelques-unes viennent un peu sceptiques, elles partent avec un sourire sur leurs lèvres, beaucoup plus sûres de soi, féminines et heureuses. Souvent, je rencontre une résistance au changement. Mais, au final, ce « ouah », exclamé dans le miroir est ma plus grande satisfaction. Belle et bien dans sa peau, et l’inverse!

R.B.M. Dans l’architecture aussi on rencontre la résistance au changement. Espérances. Bien que le client parcoure tous les étapes avec un architecte qui lui présente pas-à-pas le chemin vers la réalisation du projet, quelque fois il ne réussit pas se détacher de son propre imagination. Il reste attaché d’une image qui n’a rien à faire soit avec les possibilités de l’espace, soit avec celles financières, soit avec les deux ou d’autres tels aspects. Alors c’est très important, au-delà d’être architecte, de t’assurer que tu es compris et que toi aussi, à ton tour, as compris les demandes.
Confiance. Control. Comment faire face à ces défis?

S.V. Bien sûr, moi, je rencontre ces choses aussi. Par dialogue, je découvre dans quelle mesure la personne est vraiment ouverte aux changements. Généralement, la femme se concentre sur ce qu’est moins harmonieux à son visage, cependant je lui montre une autre approche de ses traits, en modelant les moins harmonieux et mettant en valeur ceux vraiment beaux. Alors, son perception peut changer.

R.B.M. Est-ce que tu guides ta cliente aussi dans la choix des produits de cosmétique et maquillage adéquats?

S.V. Fréquemment. Chaque cliente fait son petit« arsenal ». Et c’est difficile de choisir lorsqu’on n’en sait pas.

R.B.M. Nous aussi, les architectes, nous soutenons le bénéficiaire à gagner du temps, de l’argent. En outre, les choix sont dans la cohérence d’un résultat de qualité et je serais heureuse si les gens comprenaient ce bénéfice.

S.V. Oui, ça, c’est très important. Et pour le maquillage, les femmes achètent des produits qui n’en sont pas vraiment nécessaires. Les conseils sont importants. De cette manière on fait un investissement en produits de qualité et utilisés conformément au cadre où on va, avec un maquillage adapté. On ne perte pas d’argent pour des produits que soit on ne sait pas comment les utiliser, soit ils ne nous correspondent pas. Alors ils restent là, dans un tiroir, en attendant qu’ils expirent.

R.B.M. Chère Suzana, surement il y a beaucoup de choses à dire. On va conclure notre dialogue avec ce que nous unit comme acte artistique manifeste, à savoir le nucléus: la beauté. Et ici, je considère que le maquillage comme l’architecture ont le rôle de créer, mais aussi de maintenir l’émotion, l’état, l’expérience.
La beauté de l’intérieur est un vrai absolu. On parle de l’authenticité, mais on parle de la sante, aussi. Un espace fonctionnel est un espace sain. La partie esthétique, la beauté vient et complète ce qu’est fonctionnel et améliore le produit architectural. 

S.V. Je suis parfaitement d’accord avec toi, la beauté crée un état de bien-être, et aussi comme dans le cas du maquillage, pas tout maquillage ne devient fonctionnel, si on peut le nommer comme ça. Lorsqu’on applique un beau maquillage et la personne ne s’identifie pas avec ce maquillage, donc il n’a pas de la « fonctionnalité », ne s’adapte à ses traits, et au lieu de les mettre en valeur, il vient « comme un cheveu dans la soupe ». 

R.B.M. J’espère que les courtes explications soient utiles aux gens pour une compréhension plus profonde des deux domaines. Je suis contente et je te remercie.

S.V. Je te remercie aussi, ça a été une plaisir. Découvrir autant de similarités entre les deux métiers…c’est incroyable. Cependant, je suis sûre que dans l’architecture les choses sont beaucoup plus complexes, mais j’apprécie que nous nous sommes limitées à la croute esthétique que je connais aussi (haha)

R.B.M. J’avoue que, bien que je travaille avec des couleurs et textures et j’ai étudié ces aspects, je ne sais pas me maquiller comme tu le ferais pour moi. Et j’ai ce visage depuis un certain temps :)). Nous avons discuté des aspects communs. Si on parle des contrastes, il y a une différence considérable entre un disque démaquillant et un...bulldozer:)). 

S.V.(elle rit) ...Le the a été délicieux. Des belles tasses, la petite table...tout ça des choix dignes d’un architecte doué. :) La fois prochaine, tu es mon invitée au studio. 

R.B.M. Volontiers! J’attends avec impatience. Merci.



Suzana VISAN, Maquilleuse chez Suzana Visan STUDIO, www.suzanavisan.ro

Ramona BOBERIS MARINESCU, Architecte&architecte d’intérieur chez INNERKO, bureau d’architecture, art et création www.innerko.com 

George IONITA, Photographe chez George IONITA Photography, studio photo, www.georgeionita.com